START Aime - L'importance de consommer local par Thelma Rose

Mis à jour : juin 22

A l’heure où les consciences convergent vers l’envie d’un monde nouveau, nous avions envie de reposer les bases du Made in France. Nous avions envie d’en rappeler les avantages et l’importance que revêt la consommation locale mais aussi de questionner la faisabilité d’un 100% made in France.

LE COVID: LA CRISE DE TROP ?

Depuis plusieurs années, la remise en question croissante de notre modèle de société a conduit nombre d’entre nous à faire évoluer la manière dont nous consommons.

La dynamique du consommer moins mais mieux oriente davantage les esprits : privilégier les producteurs locaux et les fruits et légumes de saison. Favoriser la qualité au détriment de la quantité. S’assurer de la valeur d’un bien en étant attentif à l’état d’esprit des marques. Questionner ses commerçants sur leurs choix. Penser durabilité via l’acquisition de produits exigeants mais aussi satisfaction à long terme. Peut-être même éviter les marques mass market et donc les destockages massifs ou la destruction des invendus. Evoluer vers le 0 déchet. Eliminer les plastiques (…) Tous retiennent ici l’impact de leur consommation et la notion d’achat responsable.

En cause ?

Des prises de conscience successives liées à l’urgence environnementale, aux délocalisations massives, à des accidents tels que le Rana Plazza, au ras le bol de l’hyperconsommation ou encore ce que certains appellent le néo-colonialisme économique ! Mais ce que n’avait pas encore complètement révélé le cours des choses, c’est notre insupportable dépendance à la Chine et notre grande vulnérabilité. C’est aujourd’hui chose faite !

La Chine ! Centre névralgique de l’économie mondiale ! Au cœur de la chaîne de valeur de l’industrie automobile, dominant largement l’industrie des composants électroniques mais aussi celle du textile. Elle est aujourd’hui le premier fournisseur des enseignes de mode en France avec une part de marché mondiale de 32% selon l’OMC. Pas mieux sur le secteur pharmaceutique avec l’importation de 80% des principes actifs des médicaments. Sans parler du jouet !

Lorsque l’immense moteur tombe en panne, que se passe-t-il en France ? C’est la pénurie ! Bas les masques ! La crise du Covid est aussi celle de la globalisation.

Et alors que le confinement nous a invité à une longue réflexion, chacun a eu le temps d’analyser, prendre du recul et envisager ce que pourrait être pour lui le monde d’après. Envie de donner du sens ? Besoin de ralentir ? De se reconnecter à l’essentiel ? Envie d’adopter de nouveaux réflexes de consommation ? Les Français ne veulent pas que l'après-covid ressemble à l'avant. Et tous convergent vers une avancée du Made in France. Fini les poulets lavés à l’eau de javel made in USA, les breloques de Noël made in China ou les tee-shirts moins chers qu’un sandwich donc !

Acheter local pour avancer vers demain !

Dans ce contexte, consommer made in France apparaît plus que jamais comme un acte engagé !


Acheter local, c’est avoir un impact positif majeur sur l’empreinte carbone. A l’évidence, un jean qui a fait 1,5 le tour de la planète pour arriver dans nos armoires n’a pas le même impact que celui qui a fait 300km.

Et si l’on prend ce seul paramètre, il y a une urgence à freiner la circulation mondiale des marchandises.

L'achat made in France permet en outre de dynamiser nos économies locales en favorisant les échanges locaux, en gardant voire créant de nouveaux emplois sur notre territoire. Dans ce cadre, il est aussi question de savoir-faire dont la disparition est dommageable.

Au-delà de cet achat « citoyen », l’achat made in France permet en outre, parfois, de connaître l’histoire d’un bien faite d'anecdotes, d'attentions, de contraintes et de succès, de mettre un visage derrière lui et de comprendre un état d’esprit.

C’est alors regarder son achat en savourant pleinement d’où il vient, comment et par qui il a été fabriqué.

Dans ce cas, l’objet en question n’a plus seulement « vocation à » mais il arrive chez nous avec toute son humanité et cela change tout !

Et pourtant, pas si simple !

Pourtant, cet achat qui fait sens n’est pas toujours facile à identifier. Profitant de la flexibilité réglementaire, certains acteurs n’hésitent pas à jeter le flou sur l’étiquette en revendiquant de manière un peu rapide le Made in France. Pour eux, seule une étape de fabrication, infime mais bien plus coûteuse que l’ensemble, est réalisée dans l’hexagone.


En cause ? Le code des douanes communautaires.

Sont considérés comme « made in France » les marchandises originaires du pays où a eu lieu la dernière transformation ou ouvraison substantielle ayant abouti à la création d’un produit nouveau OU (et ces 2 lettres ont leur importance) dont 45% de la valeur ajoutée a été réalisée en France. Mais aussi la différence de coûts et de normes d’un pays à l’autre !

Prenons l’exemple d’un tee-shirt qui aurait été entièrement confectionné au Bangladesh pour 2€. Il suffirait donc de réaliser une dernière opération à 2€ pour que celui-ci puisse être estampillé made in France.

Acheter français, c’est également supporter un coût unitaire plus important.

Saurons-nous confirmer nos intentions et nous inscrire réellement dans une consommation patriotique sur le long terme ? Si nous sommes prêts à acheter nos légumes auprès du producteur local ou notre prochaine robe chez Thelma Rose au lieu de 3 pièces made in Bangladesh, pourrons-nous payer 2 à 3 fois plus cher nos médicaments ou notre future machine à laver ?


L’achat made in France pose clairement la question de l’accessibilité et cette seule revendication sur l'étiquette ne sera pas assez forte pour convaincre.

Pour de nombreux acteurs, il faudra revoir sa copie et s’ouvrir à d’autres arguments, et notamment celui de la durabilité, à l’image de Kippit avec sa bouilloire durable et intelligente !


Au-delà du coût, le manque de visibilité s'avère être un autre frein important.

Il existe une multitude d’acteurs éparpillés. Alors, où les trouver ? Comment choisir ? Il faut parfois être très motivé et chercher… beaucoup ! Parfois, le produit « parfait » est difficile à dénicher. Et parfois, il n’existe pas, enfin plus !

La solution ?

Développer l’offre en ré-industrialisant le pays alors que nous nous échinons depuis des décennies à créer une France sans industrie. A l’évidence, cela permettra d’accroitre le dynamisme économique, de stimuler les compétences nationales, de soutenir l’emploi et de répondre aux injonctions environnementales, sans parler de redonner à la France son indépendance.

Pourtant, la restructuration des écosystèmes productifs et les investissements importants qu’elle demanderait, la question de la proximité spaciale entre les villes et les industries, le reploiement et la valorisation de savoir-faire stratégiques nécessitent des décisions très profondes avec la mise en place de politiques publiques structurelles et territorialisées.


Recentrer sa consommation et la production autour du made in France n’est par conséquent pas sans soulever quelques problèmes jusqu’à questionner son côté illusoire.

Cela étant, la réponse ne peut être aussi tranchée. Elle doit être nuancée entre ce qui peut être accompli aujourd’hui et ce qui pourra l’être demain à condition d’une détermination politique et d’un engagement réel de la part des marques et des citoyens. Car cette orientation nous appartient à tous. Elle est le fruit d’une action collective, d’une implication de chacun à notre niveau, par nos décisions et nos gestes au quotidien.

Ce qui demeure dans tous les cas une évidence, c’est que la consommation locale nous permettra d’avancer un pion vers le monde de demain.


Avons-nous le choix ?

Pas si notre objectif commun est d’offrir un monde durable à nos enfants.

Par Sidonie DUMOULIN

Cofondatrice de la marque 100% made in France Thelma Rose

www.thelma-rose.com

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