START Conseils : Les bons réflexes pour votre plan de trésorerie - Par Pep's Advisory

Mis à jour : avr. 21

22% des entreprises ne font pas du tout de prévisions de trésorerie et plus de 70% considèrent que leur modèle de prévision doit être amélioré.

C’ÉTAIT LE RÉSULTAT d’une enquête réalisée par Grant Thornton il y a quelques mois dans un contexte économique « normal ». En période de difficultés exceptionnelles, comme celle que nous vivons actuellement, le pilotage du cash devient essentiel, beaucoup plus que celui de la rentabilité, en tout cas à court terme.


Cette crise a impact direct sur de nombreuses entreprises, et, par effet domino, sur de nombreuses autres. Un impact sur le niveau d’activité, mais aussi sur les délais de paiement des clients eux-mêmes en difficultés : le cash ne rentre plus. Dans ce contexte si inédit, l’Etat a mis en place des dispositifs de report de paiements de cotisations et d’impôts directs, qui ont des effets bénéfiques sur la trésorerie à court terme. Les banques et Bpifrance, via le maintien ou la mise en place d’autorisations court terme, ou prêts moyen terme, apportent également un soutien immédiat à la trésorerie.


Mais avant de formuler des demandes d’aides, il est nécessaire de faire des prévisions de trésorerie sur les prochains mois. Des prévisions qui vont justifier que les difficultés subies par l’entreprise sont liées au contexte actuel, et non à des difficultés plus anciennes, plus structurelles. Elles permettent également d’évaluer le besoin de financement.


Dans une situation de difficultés, la règle numéro 1, c’est le pessimisme à court terme, qui n’empêche absolument pas un optimisme sur le potentiel à moyen et long terme – au contraire d’ailleurs : si vous souhaitez convaincre un financeur de vous suivre, il faut une histoire et un business plan qui donnent envie.

Pour réaliser un plan de trésorerie mensuelle à court terme, il faut d’abord avoir une vision « macro » pour déterminer à quel niveau de détails il faudra ensuite creuser : parle-t-on en milliers d’euros, en centaines ou à « l’euro près » ?


Il y a bien sûr 3 sujets : le solde de trésorerie à date, les encaissements à venir (et le degré de confiance) et les décaissements (plus faciles à maîtriser, dans une certaine limite toutefois) :


1. Le solde de trésorerie doit inclure les éventuelles lignes de crédit qui peuvent être utilisées de façon certaine (assurez-vous que votre banque les maintient).


2. Les encaissements : dans une activité BtoB, il est temps d’appeler vos clients, même s’il est évident qu’ils sont probablement eux aussi en difficultés aujourd’hui. Demandez-leur s’ils ont l’intention de régler dans les délais les factures déjà envoyées. Car les encaissements des jours à venir sont relatifs aux factures déjà émises. Evaluez ensuite le chiffre d’affaires des 2 à 3 prochains mois : maintien d’une activité récurrente ? Risque de baisse ou arrêt total de certains clients ? Si vous n’avez pas de certitudes, raisonnez en mode « crash test ».


3. Les décaissements TTC : il est important de prévoir vos décaissements comme si votre entreprise allait régler l’intégralité de ses charges, et ce dans les délais.


Comptabilisez l’ensemble des montants dus à vos fournisseurs aujourd’hui et dans les semaines à venir. Essayez éventuellement d’obtenir des délais, mais soyez conscients que des retards de paiements peuvent les mettre en péril.


Le paiement des charges fixes, notamment celles payées régulièrement (salaires et charges, loyers, assurances) est facilement prévisible. Les charges variables dépendront de votre niveau d’activité. Si votre activité nécessite un certain niveau de stock, prévoyez les achats correspondants dans le cas où votre activité continue.

Seront également à prendre en compte les décaissements de TVA (à ce jour, il n’est pas prévu d’aménagements), d’échéances d’emprunt, d’impôts et de taxe qui ne peuvent être reportés et les investissements (sauf si ceux-ci sont gelés ou reportés).


Tous ces éléments doivent être positionnés selon un échéancier mensuel permettant d’anticiper le solde de trésorerie à la fin de chaque mois à venir. Le point le plus bas correspond au besoin de financement.

C’est à ce stade que l’on intègre les mesures de soutien des entreprises sur la trésorerie qui sont notamment :


1. Report des échéances URSSAF et impôts directs que la société devait payer dans les prochaines semaines/mois (il s’agit d’un report, pas d’une annulation de charges !).

2. Impact sur les salaires des arrêts maladies et/ou du recours au chômage partiel.

3. Paiement avancé du Crédit Impôt Recherche pour les sociétés innovantes.


Le calcul du nouveau point bas de trésorerie, s’il est négatif ou si l’autorisation de découvert actuelle ne le couvre pas intégralement, permettra de formuler une demande de financement auprès de votre banque.


Alternative au découvert, et en fonction de la qualité de votre portefeuille client, il sera possible de mettre en place des outils de mobilisation des factures, comme l’affacturage, qui pourra avancer une partie du règlement clients.


Dans votre demande, il sera idéal de justifier d’un retour à la normale en postcrise, et donc de présenter un budget et/ou business présentant un potentiel de retournement crédible et justifiant une éventuelle demande de prêt à moyen terme pour doper la reprise.


Par Alexandra Golovanow et Caroline De Decker


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PEP’S ADVISORY accompagne les Dirigeants aux moments clés de la vie de l’entreprise sur deux grands axes, la Finance Stratégique & Opérationnelle et le Capital Humain, pour leur donner les moyens de prendre la bonne décision. Pour plus d'informations : Pep's Advisory


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